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Alain Juppé bute sur Netanyahu et accélère sur Bachar







Alain Juppé bute sur Netanyahu et accélère sur Bachar
Le dynamisme du ministre des affaires étrangères Alain Juppé n'aura pas échappé même aux observateurs les plus délurés. En l'espace de quelques jours, il avait mené une véritables course contre la montre. D'abord à Rome pour rencontrer le President de l'autorité palestinienne Mahmoud Abbas, ensuite en Israel et dans les territoires pour s'entretenir avec les responsables israéliens et palestiniens, le tout suivi par une envolée immédiate vers Washington où l'attendait son homologue américain Hilary Clinton. L'objectif annoncée de cette tournée, chronomètre à la main, était de convaincre l'ensemble des protagonistes de tenir un sommet à Paris pour renouer le fil du dialogue israélo-palestinien et sortir de l'impasse, devenue avec ce printemps arabes effervescent et incertain, dangereuse à tenir.

La réaction américaine à ce volontarisme français fut tranchante même si elle était enveloppée dans un langage diplomatique de velours. L'enthousiasme d'Alain Juppé qui portait en lui le désir de Nicolas Sarkozy de marquer le cours de l'histoire immédiate et d'engranger les bénéfices afférents, fut douché par le refus américain de le suivre. Washington avait jugé que le tenue d'une telle conference était prématurée, au grand soulagement de Benyamin Netanyahu qui avait fait part de ses réserves face à cette initiative française.

Pour avoir une telle réaction américaine, il faut croire que l'argumentaire politique développé par Alain Juppé n'a pas du convaincre. Il se présente comme suit: il y une grande échéance pour les palestiniens qui est celle de l'Assemblée générale des Nations Unies en septembre. Les palestiniens ont prévu de demander une reconnaissance internationale de leur Etat indépendant. La nouvelle donne créée par les grandes secousses démocratiques qui s'emparent du Monde arabe rend le statu quo difficile à tenir. La question palestinienne irrésolue alimente les amertumes e les extrêmes. D'autant que la France et un certain nombre de pays européens sont tentés par l'éventualité d'une reconnaissance de cette Etat indépendant à cette occasion.

La reconnaissance était d'avantage utilisée comme un moyen de pression pour pousser les israéliens à rejoindre le sommet de Paris comme une stratégie sérieusement envisagée surtout en l'absence de l'allié américain. Washington, fidèle a sa tradition, ne s'est pas encore mise dans des dispositions d'esprit de tordre la main à son allié israélien.

Aujourd'hui le dynamisme français dans ce dossier suscite plus d'interrogations qu'il n'apporte de réponses: Le sommet de Paris aura-t-il toujours lieu à l'ombre des réserves israéliennes et américaines? Si oui à croire Alain Juppé qui annonce que la France irait de l'avant avec sa conference internationale, ce sommet conservera t-il son agenda initial qui était d'organiser une aide économique à l'autorité palestinienne.

Les palestiniens sont-ils toujours déterminés à soumettre une déclaration de leur Etat indépendant devant les nations unies ? Et dans l'affirmatif, la diplomatie française est-elle toujours engagée à lui apporter soutien, aide et assistance au risque de voir Barack Obama et ses choix politiques subir un grand isolement partant du constat que la reconnaissance de cet Etat peut susciter une passion internationale collective.

Si la démarche d'Alain Juppé sur la question palestinienne est pour l'instant stoppée dans son élan par le refus américain d'y adhérer, son activisme sur le dossier syrien recueille toutes les louanges. Depuis le sommet de Deauville, la France voulait absolument intégrer dans le communiqué final du G8 la menace de recourir au conseil de sécurité pour y exposer le cas syrien. Elle fut déviée de ses projets par l'insistance russe à ne pas confondre les cas libyen et syrien. Mais devant la violence à huit clos qui fait ressembler de nombreuses contrées syriennes à la ville libyenne de Benghazi, les français, engagés militairement contre Mouammar Kadhafi n'ont d'autres choix que de saisir le Conseil de sécurité pour tenter de faire adopter une résolution, même si les russes ont fait savoir qu'ils ne la laisseraient pas passer. Alain Juppé en est conscient: " Nous savons que la Russie opposerait probablement son veto à toute résolution sur la Syrie (...) Il y a donc un risque à prendre, et nous sommes prêts à le prendre".

Alain Juppé semble miser sur un changement de posture de la diplomatie russe d'abord face à la grande unanimité des pays qui veulent adresser un message de fermeté à Bachar El Assad, ensuite sur un dégradation sécuritaire en Syrie qui finira par convaincre les pus réticents.

Par Mustapha Tossa
Mercredi 8 Juin 2011 - 12:05



Mercredi 8 Juin 2011 modifié le Mercredi 8 Juin 2011 - 17:26

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