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Alain Bauer: "Le terroriste implanté est plus à craindre que le terroriste importé"


Lundi 9 Mai 2011 modifié le Lundi 9 Mai 2011 - 00:23




Alain Bauer: "Le terroriste implanté est plus à craindre que le terroriste importé"
Alain Bauer, président du Conseil supérieur français de la formation et de la recherche stratégiques* ainsi que de l’Observatoire national de la délinquance, estime que le grand danger vient du "new born muslim, le militant de l’intérieur".

"Né en Occident, il se redécouvre des racines ou se convertit à la cause sans avoir besoin de se rendre au Pakistan ou ailleurs. Le terroriste implanté est plus à craindre que le terroriste importé. Aujourd’hui, le risque intérieur est au moins au même niveau que le risque extérieur", souligne cet expert qui est l’un des rares responsables français à avoir vu la photo du cadavre d’Oussama Ben Laden.

Interrogé par le JDD si la mort du chef d’Al-Qaida serait aussi celle de l’organisation, Alain Bauer relève qu'"Une nébuleuse n’a pas de chef. On se trompe depuis 2001. Al-Qaida ne s’appelle pas Al-Qaida et ce n’est pas une organisation pyramidale avec un chef. C’est moins marketing, mais Al-Qaida s’appelle en fait le Front islamique de lutte contre les juifs et les croisés. C’est une franchise, une mutuelle du terrorisme qui regroupe une petite centaine d’organisations concurrentes, évolutives."

" Celles-ci ont un objectif commun, le salafisme, c’est-à-dire l’apparition du royaume de Dieu sur terre, et le retour aux fondamentaux de l’interprétation très spécifique d’un islam très radical… Hormis cela, ces organisations n’ont rien en commun", poursuit-il, indiquant qu'" Aujourd’hui elles ont perdu leur porte-parole, leur voix, éventuellement un symbole, mais ça ne change rien au fonctionnement de l’outil".

Selon Alain Bauer, "Depuis dix ans, le fait que Ben Laden soit mort ou vivant ne changeait rien à la capacité de ces groupes de commettre ou non des attentats."

Concernant le Printemps arabe, Alain Bauer estime qu'"Al-Qaida n’a pas bien compris ce qui s’est passé. Le fait que des despotes puissent être renversés sans le mode d’emploi qu’offraient Ben Laden et les salafistes a réduit leur influence."

"Je ne pense pas que les événements récents dans le monde arabe – qui sont de nature très différente d’un pays à l’autre – ouvrent un espace pour Aqmi. En revanche, cela crée un espace d’inquiétude pour des pays dont les dirigeants sont très âgés et qui n’ont pas compris que le moment était venu de laisser la place", note-t-il.





Lundi 9 Mai 2011 - 00:04

Hasna Daoudi




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