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Ahmed Ben Bella : disparition de l'une des figures emblématiques du mouvement de libération au Maghreb


Jeudi 12 Avril 2012 modifié le Jeudi 12 Avril 2012 - 11:28




Ahmed Ben Bella avec Feu le roi Hassan II
Ahmed Ben Bella avec Feu le roi Hassan II
Ahmed Ben Bella, premier Président de l' Algérie indépendante, décédé mercredi à Alger à l'âge de 96 ans, est l'une des figures emblématiques de la lutte pour l'indépendance de son pays. Dirigeant doté d'une aura incontestable pour son parcours anticolonialiste, il a, à la faveur de choix idéologiques en rupture avec la période coloniale, influé pour beaucoup le devenir politique de l'Algérie, depuis son investiture en 1962, nonobstant les avatars liés aux rivalités au sein de la classe dirigeante de l'époque qui ont amené son éviction en 1965 et son emprisonnement par son ministre de la défense Houari Boumediene.

Décédé à son domicile familial à Alger, selon ses proches, il avait été admis à deux reprises, il y a plus d'un mois, à l'hôpital militaire d'Ain Naaja, après un malaise.

Ce pionnier de la guerre d'indépendance de l'Algérie avait su, avec lucidité, capitaliser au mieux l'élan de sympathie de son peuple et le mouvement de soutien des peuples maghrébins, particulièrement du Maroc, qui n'avait pas lésiné sur les moyens pour épauler le mouvement de libération du peuple algérien frère du joug colonial.

De fait, Ben Bella appartenait à cette époque à l'élite du mouvement national au Maghreb qui ne voyait de perspectives pour la libération des peuples de la région que dans la lutte dans la solidarité et la communion pour pouvoir façonner le devenir commun de la région.

Si cet élan solidaire avait pâti des reniements qui ont amené à "la guerre des sables" en 1963, Ben Bella n'en restait pas moins un dirigeant maghrébin convaincu, Et comment ne le serait-il pas, lui qui se montrait fier des origines marocaines de ses parents, qui ont migré vers le début du siècle dernier depuis la région de Marrakech pour aller s'installer dans l'ouest algérien.

La réaction indignée du Maroc, suite à l'épisode du détournement par les autorités françaises de l'avion qui transportait les cinq dirigeants historiques du FLN en 1956, (Ben Bella, Ait Ahmed, Khider, Lachraf et Boudiaf ) avait encore une fois donné la mesure de la profondeur des liens de solidarité maghrébine, ce dont les pionniers du mouvement national du Maghreb considéraient comme un capital précieux à investir pour réaliser le rêve d'unité maghrébine sitô t les indépendances parachevées.

Le coup d'Etat qui a renversé le premier président de l'Algérie a du cependant engager le pays dans des choix à fortes connotations nationalistes, d'où toutes les vicissitudes qui ont déteint sur la marche maghrébine avec leur corolaire de rivalités qui ont jeté leur ombre sur la région.

Après sa sortie de prison en 1979, suite aux changements qu'a connus l'Algérie sous l'ère du président Chadli Benjdid, M. Ben Bella a, après son retour dans le pays en 1990, renoué par intermittence avec la scène publique, en se faisant remarquer par des positions pondérées concernant les choix politiques de son pays et ses appels à faire prévaloir l'apaisement et la réconciliation, au lendemain des soubresauts qu'a connus l'Algérie, suite à l'interruption du processus électoral en 1992 et la lutte sanglante qui s'en est suivie avec les groupes islamistes.

Sur la scène africaine, il n'a pas hésité à apporter sa contribution en acceptant de présider depuis 2007 le Groupe des sages de l'Union africaine, chargé de la prévention et de la gestion des conflits en Afrique.

Ben Bella aura tout juste eu le temps de voir les 50 ans de la République algérienne. Son parcours politique a été parsemé d'embuches. Il aura fait trois séjours en prison. Le 13 mai 1950, il est tombé une première fois aux mains des autorités françaises, alors qu'il était recherché depuis près d'un an. Il va rester deux ans en prison. En mars 1952, il s'évade dans des conditions rocambolesques, avant d'être exfiltré au Caire.

Le 22 octobre 1956, l'avion transportant quelques-uns des chefs historiques du FLN en exil au Caire est contraint d'atterrir à Alger. Ils sont conduits en prison, d'abord en Algérie puis sur l'île d'Aix.

Libéré en 1962, Ben Bella bénéficie de l'aura du prisonnier. Il lui faudra cependant batailler pour supplanter certains de ses rivaux et être élu à la fin de l'année 1962. nommé aussi Premier ministre en 1963, il prend une série de mesures qui dénotent sa préférence pour le système d'auto-gestion, ce qui va vite lui mettre à dos le FLN et les militaires.

son troisième séjour en prison après son éviction en 1965 , va durer jusqu'en 1979, année où il fait le choix de l'exil volontaire à Lausanne, avant de revenir en Algérie en 1990.
Jeudi 12 Avril 2012 - 00:20

Avec MAP




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