Atlasinfo.fr: l'essentiel de l'actualité de la France et du Maghreb
Rubriques
Atlasinfo.fr Atlasinfo.fr





Affaire Bettencourt: le couple Woerth est dans la ligne de mire des enquêteurs


Dimanche 18 Juillet 2010 modifié le Dimanche 18 Juillet 2010 - 10:20

Selon le Monde, qui cite des procès-verbaux d'auditions de Patrice de Maistre, gestionnaire de fortune de la miliardaire Liliane Bettencour, la brigade financière soupçonne bien un trafic d'influence.




Le couple Woerth
Le couple Woerth
Les conditions d'embauche de Florence Woerth, l'épouse du ministre français du Travail, intéressent notamment les policiers, qui opèrent dans le cadre de l'enquête, ordonnée par le parquet de Nanterre pour blanchiment de fraude fiscale et trafic d'influence. L'avocat d'Eric Woerth, Me Jean-Yves Leborgne, a quant à lui assuré que l'embauche en 2007 de Florence Woerth par le gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt ne "résultait pas d'une pression" du ministre et n'avait "aucune interférence" avec ses fonctions passées au Budget.

Jusqu'à sa démission en juin, Florence Woerth, travaillait pour la société Clymène, qui gère les avoirs de l'héritière de L'Oréal Liliane Bettencourt. Elle était rémunérée 140 000 euros par an, plus une prime de 60 000 euros et une voiture de fonction. Selon le quotidien, la police a en sa possession, depuis les perquisitions réalisées dans les sociétés du gestionnaire de fortune de la milliardaire Patrice de Maistre, une note datée du 31 août 2007. Un CV de Florence Woerth, avec cette mention, en bas de page : "rémunération environ 200 000 euros (…) Je suis obligé d'en parler à LB vu le mari 120 000 euros".


"J'lai fait pour lui faire plaisir"

A ce sujet, Patrice de Maistre déclare : "Il s'agissait d'une note que j'ai dû amener à M. et Mme Bettencourt pour évoquer le recrutement de Mme Florence Woerth dans mon équipe. Cette démarche était due au fait que son mari était ministre, et que c'était donc sensible…", raconte le gestionnaire de la fortune Bettencourt. Il indique par ailleurs aux policiers que "Mme Woerth ne représentait pas un risque majeur".

En 2006, il dit avoir appelé Eric Woerth à la demande d'André Bettencourt, qui veut financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. "Je l'ai (Eric Woerth) vu ensuite deux ou trois fois début 2007, dit Patrice de Maistre, parce qu'il m'a demandé de recevoir sa femme et ce pour essayer de la conseiller sur sa carrière alors, me disait-il, qu'elle n'était pas entièrement satisfaite".

Dans les enregistrements clandestins, réalisés par le majordome Pascal Bonnefoy chez les Bettencourt, il était déjà dit que l'embauche s'était faite à la demande d'Eric Woerth. "Quand je l'ai fait, déclarait Patrice de Maistre lors d'une conversation avec Mme Bettencourt, le 23 avril, son mari était ministre des Finances, il m'a demandé de le faire (…). J'lai fait pour lui faire plaisir."

"Etat d'esprit de scandale"

De son côté, l'avocat du ministre du Travail, Me Leborgne a déclaré qu'"on ne parvient pas à abandonner cet état d'esprit de scandale", et pour qui "il n'y a pas d'affaire Woerth". "Je constate que M. de Maistre était en 2007 à la recherche d'un candidat, qu'il avait même engagé un chasseur de têtes et que Mme Woerth, ancienne de HEC alors employée dans une grande banque, avait le profil", a fait ainsi fait valoir l'avocat.

Selon lui, "cette embauche, qui est tout à fait normale, ne résulte pas d'une pression de la part d'Eric Woerth". "Par ailleurs, cette embauche n'a eu aucune interférence avec les fonctions de M. Woerth au ministère du Budget, comme l'a montré récemment le rapport de l'Inspection générale des finances", a-t-il poursuivi.

Concernant les déclarations de Patrice de Maistre en garde à vue, l'avocat a indiqué qu'il ne "savait pas si le ministre allait les infirmer ou les confirmer". Enfin, Me Leborgne s'est clairement dit défavorable à l'ouverture d'une information, confiée à un juge d'instruction indépendant du pouvoir politique, du fait des durées "souvent très longues des instructions".

Dimanche 18 Juillet 2010 - 10:16





Nouveau commentaire :
Twitter