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Affaiblie, Angela Merkel cherche partenaires pour gouverner


Mercredi 18 Octobre 2017 modifié le Mercredi 18 Octobre 2017 - 22:30

Angela Merkel entre mercredi dans les négociations pour tenter de former son quatrième gouvernement. Mais cette fois-ci, la chancelière allemande les aborde affaiblie par des élections décevantes et les gouffres idéologiques séparant ses partenaires potentiels.




Affaiblie, Angela Merkel cherche partenaires pour gouverner
Affaiblie, Angela Merkel cherche partenaires pour gouverner
La CDU-CSU, sa famille politique conservatrice, va recevoir les libéraux du FDP (12H00 locale, 10H00 GMT) et le Verts (14H30 GMT) pour des "entretiens préliminaires". Vendredi, ils se retrouveront tous ensemble.

Ces deux premiers rounds visent avant tout à prendre la température et à établir les ordres du jour, les négociations sur le contenu devant durer au moins jusqu'à la fin de l'année.

Mais l'indéboulonnable dirigeante allemande semble face à une équation impossible depuis les législatives du 24 septembre qu'elle a remportées avec le plus faible score pour son camp depuis 1949.

Si elle veut son quatrième mandat de chancelière, Mme Merkel n'a d'autre choix que de faire cohabiter des centristes à son image, des conservateurs purs et durs comme les Bavarois de la CSU, des Verts divisés entre modérés et radicaux ainsi que des libéraux très exigeants.

Tensions tous azimuts


Et les sujets de frictions sont nombreux. De l'immigration à la réforme de l'Union européenne, de la transition énergétique à la fiscalité en passant par la politique étrangère, aucun sujet ou presque ne semble unir ces partis.

Pour ne rien arranger, dimanche le parti de Mme Merkel a perdu une élection régionale en Basse-Saxe qui deux mois plus tôt lui semblait promise. Cet échec apporte de l'eau au moulin de la droite de la CDU et surtout de la CSU qui réclament un virage conservateur radical pour regagner les voix parties à l'AfD, une formation d'extrême droite.

Malgré tout, la chancelière a assuré lundi aller "très confiante à ces pourparlers" et a affirmé ne pas être en position de "faiblesse".

Elle a néanmoins reconnu que les pourparlers préliminaires allaient probablement durer "des semaines". Et ce n'est qu'en cas de succès que commenceront des négociations sur la composition gouvernementale et sur son programme précis.

Dès lors, au mieux, l'Allemagne aura son nouveau gouvernement pour Noël. Au pire, en cas d'échec, des élections anticipées seront convoquées, ce qui serait une première pour ce pays où la culture du compromis a toujours régné depuis 1945.

"C'est clair pour nous que ce ne seront pas des discussions faciles", résume Mme Merkel.

Un euphémisme, tant certains négociateurs peinent à cacher leur dédain pour les autres, à l'instar d'Alexander Dobrindt de la CSU qui a dénoncé les "délires gauchistes" des Verts.

'Début de la fin '


Le chef du FDP, Christian Lindner, a, lui, signifié la semaine dernière qu'il n'y avait "aucune garantie" de succès des négociations. Enfin, Jürgen Trittin, personnalité influente chez les écologistes, a évoqué des "embûches massives" à surmonter.

Pour nombre de médias, la difficulté de former un gouvernement et l'affaiblissement d'Angela Merkel dans son propre parti annoncent le crépuscule de la chancelière après douze années au pouvoir.

"C'est un phénomène étrange que vit l'Allemagne. On négocie une coalition qu'aucun des partis concernés ne veut vraiment, et au même moment l'auréole de la cheffe du gouvernement pâlit et sa puissance s'effrite", estime sur son site le magazine de référence Der Spiegel.

Pour le quotidien Süddeutsche Zeitung aussi, "subrepticement, son influence, son pouvoir et donc sa capacité à s'imposer s'amenuisent".

Dans les rangs de l'opposition, on aiguise d'ailleurs déjà les couteaux. "Merkel a été sévèrement touchée (...) c'est une ambiance de fin d'époque", tacle Carsten Schneider, un responsable social-démocrate.

"On va bien voir ce qui va se passer aux négociations de formation de coalition, mais il est évident que Mme Merkel est terriblement affaiblie (...) je pense que c'est le début de la fin de la chancellerie merkelienne", se réjouit le chef de l'AfD Alexander Gauland. (afp)
Mercredi 18 Octobre 2017 - 07:01





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