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À Lyon, un apéro géant "rosette et pinard" sur fond de revendications identitaires


Jeudi 17 Juin 2010 modifié le Jeudi 17 Juin 2010 - 14:43

La polémique dépasse, et de loin, le phénomène de l'apéritif géant pour menacer de basculer dans une surenchère de manifestations identitaires.




À Lyon, un apéro géant "rosette et pinard" sur fond de revendications identitaires
Après l'apéro parisien "saucisson et vin" interdit mardi par la préfecture de police, un évènement du même acabit, lui aussi organisé par un mouvement identifié comme d'extrême droite, s'organise à Lyon. Comme à Paris, le groupe appelle à un rassemblement en apparence festif, mais dont les marques identitaires ne laissent planer aucun doute sur les motivations, dans un quartier où la présence musulmane est forte - en l'occurrence La Guillotière.

"Lyonnais de souche, Lyonnais exilés et amis de la capitale des Gaules, rejoignez-nous !", interpelle le groupe sur le réseau Facebook. Selon le journal Le Progrès, ils seraient plusieurs milliers à s'être déjà inscrits à l'évènement "Apéro géant rosette et pinard à La Guillotière".

Si la date de la manifestation n'est pas encore précisée, les intentions du groupe sont, elles, clairement revendiquées. "Parce que la prohibition du cochon sévit à La Guillotière, nous avons décidé de nous rassembler autour d'un pique-nique joyeux rosette et pinard au son de l'accordéon !"

Les organisateurs militants revendiquent le fait d'appartenir aux jeunes Identitaires lyonnais "Rebeyne". Un cri de guerre plus qu'un nom, puisque l'expression provient du parler lyonnais et signifie "révolte". Le mouvement s'était déjà fait connaître en protestant contre l'ouverture de Quick hallal dans la ville rhodanienne.

Très actif sur Internet, il dit refuser "fermement l'islamisation de notre société" et "l'immigration extraeuropéenne". Le groupe Bloc identitaire, auquel "Rebeyne" est apparenté, a été fondé en avril 2003 par Fabrice Robert, l'un des dirigeants d'Unité radicale, mouvement d'extrême droite dissous en août 2002 après la tentative d'assassinat perpétrée par l'un de ses membres, Maxime Brunerie, contre Jacques Chirac pendant les fêtes du 14 juillet.

La riposte s'organise dans les autres villes

Sollicité par Le Point.fr, le maire socialiste de Lyon, Gérard Collomb, n'a pas souhaité réagir. L'instance de décision demeure la préfecture de la ville, qui étudie les risques liés au rassemblement. "On attend d'en savoir un peu plus sur l'horaire et surtout sur le lieu, avant que le préfet ne prenne une décision", affirme la préfecture.

"Le préfet appliquera strictement le droit, relatif aux risques avérés de troubles à l'ordre public", précise-t-elle. Si l'ampleur de l'évènement gagne du terrain, la ville devrait acter la même décision que celle prise à Paris, soit une interdiction totale de rassemblement. Le quartier est bien connu des services de police, régulièrement appelés sur le terrain pour des affaires de trafics.

"On a confiance dans les pouvoirs publics, ce genre de groupe n'aura pas le dernier mot dans un pays comme la France", confie Brahim, employé dans une boucherie halal depuis l'âge de 13 ans, dans le quartier de La Guillotière.

Le quartier, où "près de deux magasins sur trois" répondent à une clientèle musulmane, accueille aussi "des magasins juifs dans la rue d'à côté", s'étonne Brahim, qui décrit son voisinage comme "tranquille et sans problème spécifique". "Depuis que je suis installé à La Guillotière, je n'ai jamais eu de problèmes", ajoute-t-il.

La Grande Mosquée de Lyon s'est, de son côté, alarmée de "la multiplication d'actes de provocation orchestrés par des groupuscules qui tentent d'opposer les communautés". Elle demande l'interdiction pure et simple de "ces manifestations de la haine et du rejet des autres".

À Paris, Le Bloc identitaire affirme avoir déposé "un référé liberté" contre l'interdiction sur lequel la justice doit se prononcer vendredi. Sur le site communautaire Facebook, des répliques de la manifestation tentent de s'organiser à Grenoble, à Lille et à Toulouse, sur le thème de la "riposte" pour protester contre l'interdiction de la préfecture de Paris.

Jeudi 17 Juin 2010 - 14:32

Le Point




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