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A Lyon, Sarkozy affiche pour priorité la lutte contre les délocalisations


Jeudi 19 Janvier 2012 modifié le Jeudi 19 Janvier 2012 - 21:27




A Lyon, Sarkozy affiche pour priorité la lutte contre les délocalisations
Chef de l'Etat, mais surtout candidat. Nicolas Sarkozy, même s'il n'a pas officiellement annoncé qu'il briguait à nouveau l'Elysée, a choisi jeudi la visite d'une usine en Isère pour vanter sa volonté de réformer le pays, affichant pour priorité la lutte contre les délocalisations.

Venu prononcer à Lyon ses voeux aux forces économiques, Nicolas Sarkozy a d'abord fait une étape par l'usine Seb-Calor de Pont-Evêque en Isère. Plaisantant sur les friteuses et fers à repasser conçus sur place, le chef de l'Etat a vanté la France comme "terre de production".

"Il faut à tout prix garrotter la perte du sang industriel de la France", a-t-il lancé devant les salariés. "Le premier problème économique de la France porte un nom: la délocalisation."

"Il faut (...) qu'on arrive à alléger le coût du travail", a martelé le président, insistant sur l'aspect européen du problème: "autant je peux comprendre que nous produisions plus cher que les Indiens ou que les Chinois, autant je ne peux pas accepter qu'on produise plus cher que nos voisins allemands".

Evoquant la polémique sur la TVA dite "sociale", il s'agit d'un "débat qui est utile, mais où on dit 'faut pas augmenter la TVA, faut pas augmenter la CSG', bien sûr, faut rien augmenter, ça c'est sûr", a-t-il ironisé.

"On oublie une chose, c'est que si on reste comme on est, les délocalisations continueront. Ca, c'est la vérité", s'est défendu le chef de l'Etat.

"Il faut maintenant qu'on arrive à enlever des charges sur le travail (...) pour les transférer sur d'autres recettes", a-t-il expliqué, souhaitant "que les importations participent au financement de notre modèle social". Les arbitrages seront rendus "d'ici la fin du mois", a-t-il répété.

Un peu plus tard, lors de ses voeux aux forces économiques à Lyon, Nicolas Sarkozy a une nouvelle fois tenté de dédramatiser la dégradation de la note AAA de la France par l'agence Standard & Poor's. "Il y a quelques jours il y a eu un affolement, peut-être sans précédent, dans une partie du monde politique et du monde médiatique. Tout d'un coup, une agence de notation, Standard and Poor's, devenait la référence absolue de tous ceux qui soit l'ignoraient, soit la critiquaient", a-t-il commenté.

"Lundi, une autre agence, deux fois plus importante, a dit le contraire", a-t-il constaté, faisant référence à la décision de Moody's de maintenir, pour l'instant, la meilleure note possible à la France. "Dans ces circonstances, la seule solution c'est le sang-froid, la distance, le courage, le courage de prendre les décisions."

A trois mois du premier tour de l'élection présidentielle, le discours du chef de l'Etat a surtout sonné comme celui d'un candidat en campagne.

"A ceux qui disent qu'il conviendrait de ne plus rien faire parce que le calendrier prévoit une élection: à vrai dire, ça ne m'avait pas échappé, je sais compter jusqu'à cinq, je ne prendrai pas d'engagement sur la suite, et j'ai bien compris que j'avais été élu pour cinq ans", s'est moqué Nicolas Sarkozy. "Ce n'est pas un argument pertinent."

"Imaginons la situation d'un compatriote au chômage, (...) est-ce que vous trouvez qu'il est normal de lui dire: quatre mois, cinq mois, attendez les présidentielles?", a-t-il poursuivi. "Ce n'est pas acceptable. J'ai été élu président de la République pour cinq ans, je travaillerai jusqu'à la dernière minute de mon mandat."

Au passage, le chef de l'Etat n'a pas omis une pique contre le PS, lorsqu'il a évoqué la taxe sur les transactions financières: "A ceux qui me disent 'il faut attendre l'Europe pour le faire', (...) je ne comprends pas d'ailleurs pourquoi on n'a pas eu la même sagesse au moment des 35h", a-t-il fait remarquer.

"Est-ce qu'il n'est pas normal économiquement, juste politiquement, moralement indispensable, que ceux qui ont mis le monde dans la situation où il se trouve participent à la résorption des déficits qu'ils ont créés?", s'est-il indigné, répétant que "la France montrera l'exemple. Elle fera la taxe sur les transactions financières. Elle entraînera derrière elle l'ensemble de l'Europe et, je l'espère, l'ensemble du monde".


Jeudi 19 Janvier 2012 - 21:20

Avec AP




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