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A Davos, la fragilité du monde et les inégalités s'imposent au débat


Vendredi 23 Janvier 2015 modifié le Vendredi 23 Janvier 2015 - 11:31




En 45 ans d'existence, jamais les crises n'ont à ce point chamboulé la ligne très élitiste du Forum économique de Davos (WEF), du nom de la célèbre station suisse devenue une tribune de prédilection pour le gotha mondial des affaires.

Et de l'aveu même du patron du WEF, Klaus Schwab, cette violente résurgence des risques géopolitiques a eu raison de son agenda initial dominé par la révolution technologique.

Crise aux relents de guerre froide en Ukraine, coups de filet anti-terroriste en Europe après les attentats de Paris et, surtout, l'avancée spectaculaire des djihadistes en Irak et en Syrie étendent leur ombre sur le sommet où se côtoient 2.500 décideurs politiques et économiques.

Mais une question revient avec insistance : que peut le World Economic Forum, un club réservé aux plus riches, face aux graves crises qui secouent le monde? Comment faire profiter le plus grand nombre des dividendes de la croissance qui, pour l'instant, ne semble profiter qu'à une petite minorité ?

Voilà la problématique telle qu'elle a été soulevée par les organisateurs en amont du sommet devant un panel de décideurs qui, en partie, disent ne pas voir de mal à faire front en même temps face aux risques de conflits internationaux, aux risques économiques et aux dangers climatiques.

Que ce soit au Proche-Orient, au Sahel ou en Ukraine, les conflits persistants donnent, il est vrai, une tonalité assez sombre à la rencontre annuelle de Davos, admettent les organisateurs.

Aux yeux du secrétaire général de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), Lamberto Zannier, "on ne peut pas dire que l'on ait été vraiment surpris" par l'interminable conflit séparatiste en Ukraine où se joue, selon lui, l'avenir de l'Europe.

"La ligne de front dans le combat pour la démocratie et la liberté en Europe se trouve en Ukraine", a affirmé M. Zannier, exaspéré par la "nouvelle poussée de fièvre" de la crise qui a poussé le président ukrainien, Petro Porochenko, à écourter son séjour à Davos.

Sur un autre front, le forum a été marqué jeudi par un panel inhabituel consacré à "la religion, un prétexte de conflit ?", une interrogation qui prend une résonance particulière après les récentes attaques à Paris et à l'heure où des conflits dits religieux secouent la planète.

Alors que des extrémistes de tous poils répandent peur, haine et violence, peut-on encore parler de foi quand il s'agit d'intolérance religieuse, se sont interrogés les intervenants au débat, dont l'ex-Premier ministre britannique Tony Blair.

"L'extrémisme violent a toujours existé. Ce n'est pas la religion en tant que telle qui incite aux conflits, mais c'est l'idéologie perverse qui est dangereuse", a lancé M. Blair.

Cet avis a été partagé par l'islamologue américain Hamza Yusuf, président de l'Institut Zaytuna (Californie) : "Ce n'est pas l'islam qui détruit, mais la violence", a-t-il dit, en rappelant que cette religion "n'a rien à voir avec le nazisme ou le fascisme comme certains l'avancent".

"Les guerres s'expliquent par une multitude de facteurs et, le plus souvent, les gens utilisent la religion comme prétexte", a estimé de son côté l'archevêque sud-africain Thabo Cecil Makgoba qui insiste pour qu'"on s'attaque de part et d'autre au noyau du problème, à l'origine de l'extrémisme".

Le débat a permis de dégager des points de consensus en termes de rejet des "idéologies obscurantistes qui se servent et déforment la religion". Sur ce même point, l'accent a été mis sur le rôle de l'Etat et de tous les acteurs concernés dans la promotion d'un climat de tolérance et de coexistence, y compris par le biais du système d'enseignement.

Cette année, le forum de Davos se tient à un moment où la question de la répartition des richesses est plus que jamais au cœur de l'actualité. Les organisateurs ne s'y sont d'ailleurs pas trompés, en relevant que "le fossé persistant entre les revenus des citoyens les plus riches et ceux des plus pauvres représente le risque susceptible de provoquer les dégâts les plus graves dans le monde durant la prochaine décennie".

Ils font de la sorte écho à l'étude controversée publiée par l'ONG Oxfam à l'avant-veille du sommet de Davos. selon laquelle le patrimoine cumulé des 1 pc les plus riches du monde dépassera en 2016 celui des 99 pc restants.

Vendredi 23 Janvier 2015 - 11:27





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