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A Berlin, Philippe défend en "germanophile" les réformes Macron


Vendredi 15 Septembre 2017 modifié le Vendredi 15 Septembre 2017 - 21:33

Édouard Philippe est arrivé vendredi à Berlin pour défendre les réformes menées en France et préparer le terrain aux prochaines propositions européennes du président Macron, à l'aube d'un très probable quatrième mandat de la chancelière Merkel.




A Berlin, Philippe défend en "germanophile" les réformes Macron
Pour sa première visite diplomatique importante depuis sa nomination à Matignon, le Premier ministre doit être reçu à déjeuner par Angela Merkel, après un discours devant les milieux économiques allemands où il a assuré être à la tête d'un "gouvernement germanophile".

"Je suis assurément un partisan de l'Europe, mais je suis avant tout un partisan de la relation franco-allemande. Devant vous se tient un Premier ministre qui dirige un gouvernement germanophile", a-t-il dit dans un discours entamé en allemand.

À neuf jours des élections du 24 septembre en Allemagne, une réélection de la chancelière Merkel semble acquise, mais les jeux sont loin d'être faits concernant la coalition gouvernementale qui fixera le cap de la politique allemande des prochaines années.

'Un moment de bascule'


Or le visage de cette coalition est particulièrement guetté à Paris: comme il l'a annoncé à Athènes la semaine dernière, Emmanuel Macron attend le résultat des élections allemandes pour détailler son projet de "refondation" de l'Union européenne.

Selon une source gouvernementale, le chef de l'État français doit faire ses propositions le 26 septembre. Soit suffisamment tôt pour qu'elles puissent être prises en compte lors des négociations de formation du gouvernement allemand, qui pourraient durer jusqu'à la fin de l'année.

"Je crois que tout le monde a conscience en Europe que nous sommes dans un moment de bascule", a plaidé M. Philippe, interrogé sur les prochaines propositions françaises.

"Après les élections néerlandaises, le Brexit, il y a le sentiment que quelque chose est en train de se jouer. Et que nous avons au fond 12, ou peut-être 18 mois, pour prendre des bonnes décisions (...) On a besoin que ce débat naisse et prospère, on a besoin qu'il s'enrichisse", a-t-il dit.

Budget, ministre des Finances et Parlement de la zone euro, listes transnationales aux élections européennes de 2019: sur tous ces sujets, Mme Merkel s'est dite jusqu'ici ouverte à la discussion, mais elle ne s'avancera pas avant le scrutin et, sur le fond, des divergences se dessinent entre les visions allemande et française concernant le contenu de la fonction de ministre ou le financement du budget.

Les propositions de M. Macron pourraient recevoir un accueil différent en fonction du paysage politique allemand.

Après quatre années de "grande coalition" des chrétiens-démocrates de Mme Merkel avec des sociaux-démocrates souvent favorables aux propositions françaises pour l'Europe, les libéraux du FDP pourraient devenir le futur allié-clé de la chancelière.

Or ce petit parti libéral rejette catégoriquement les propositions françaises de réforme de la zone euro, derrière lesquelles il voit poindre le risque d'une mutualisation des dettes dont les Allemands ne veulent pas.
Envol international pour Philippe

Si M. Philippe s'est gardé de tout commentaire sur la politique allemande ou de rentrer dans le fond des propositions françaises, sa visite doit permettre de préparer le terrain.

"On va commencer à discuter assez rapidement avec les Allemands sur la manière de progresser. Il y a déjà quelques échanges parce qu'on ne fait pas d'annonces européennes en France sans en avoir parlé un peu avec eux", a-t-on indiqué à Matignon.

Dans un registre déjà employé par ses prédécesseurs sous le quinquennat Hollande, M. Philippe s'est attelé vendredi matin à convaincre l'Allemagne de la volonté de mener les réformes à bien en France et de maîtriser les déficits.

"Nous allons faire en sorte qu'on puisse dire bientôt: +Heureux comme un entrepreneur allemand en France+, a-t-il dit.

M. Philippe, qui veut s'inspirer de l'Allemagne pour une réforme de l'apprentissage, se rendra également dans l'après-midi dans une école professionnelle.

AFP
Vendredi 15 Septembre 2017 - 13:22





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